Faire face à la critique
Photo by ja ma on Unsplash

Face à une critique, il y a plusieurs manières de réagir : critiquer en retour, se sentir misérable, dire qu’on s’en fiche, remercier le ou les expéditeurs ! Vous connaissez et pratiquez peut-être les trois premières (mais soyons honnêtes puisque personne ne nous regarde : personne ne s’en fiche !). Mais comment peut-on remercier les personnes qui nous critiquent ?

C’est ce que je vous propose de découvrir dans cet article !

Qu’est-ce qu’une critique ?

Commençons par démêler un peu tout ça : les réflexions, remarques, critiques, jugements, médisances, attaques, réprimandes, piques ou autres conseils n’ont pas tous la même valeur ni la même fonction.

Selon la première définition du CNRTL, “une critique est un examen raisonné, objectif, qui s’attache à relever les qualités et les défauts et donne lieu à un jugement de valeur”.

Il s’agit donc de “porter un jugement motivé sur quelqu’un ou sur quelque chose” ou encore de “soumettre une chose à un examen méthodique en vue de l’estimer à sa juste valeur ; la juger d’après des critères appropriés qui varient selon les domaines”.

Plus loin, cependant, on peut lire que critiquer peut également viser à “émettre, formuler des jugements défavorables, d’une façon systématique ou occasionnelle”. Exit la recherche d’objectivité. Désormais, le but inavoué de la critique devient de “porter des jugements non fondés [ou encore] d’exprimer des opinions non contrôlées”. 

Nous abordons ici plusieurs points importants :

  1. Une critique peut-être positive ou négative
  2. Elle donne toujours lieu à un jugement de valeur
  3. Elle ne vise pas forcément l’amélioration mais peut chercher à dénigrer sans raison.

Critique positive ou négative ?

Globalement, vous avez affaire à une critique négative lorsqu’elle porte sur qui vous êtes, sur votre personnalité, votre physique… Parfois, mais pas toujours, ces remarques n’ont pas d’autres buts que de vous nuire (cf. point n°3).

Une critique constructive, quant à elle, est formulée dans le but d’améliorer votre comportement pour être une meilleure version de vous-même ou pour vous aider à grandir.

Pour apprendre à distinguer les critiques constructives des autres, vous pouvez vous tester avec le petit outil ci-dessous :


L’importance de l’émetteur

Personne n’échappe à la critique, paraît-il. Et pour cause ! Nous sommes tous entourés de personnes qui émettent des remarques plus ou moins bienveillantes à notre égard. Nous sommes sans arrêt trop ci ou pas assez ça.

Le conseiller (ou le critique) n’aura évidemment pas le même impact selon la place qu’il occupe dans notre vie et la légitimité que nous lui accordons. En effet, un regard désapprobateur d’un inconnu alors que vous êtes en train de manger une très grosse part de gâteau vous laissera sans doute assez froid alors que le même regard de la part de votre épouse pourra, au contraire, vous blesser. Cela veut-il dire que votre épouse voulait vous froisser ? Non, probablement pas. Par contre, si VOUS interprétez son coup d’œil de cette façon, c’est qu’il y a de grandes chances que VOUS vous sentiez coupable. Pourquoi ? Ça, c’est une histoire entre vous et vous.

Une question de pouvoir

En décidant d’être blessé, en colère, frustré par ce qu’on reçoit de l’extérieur, nous donnons beaucoup de pouvoir aux autres. Nous leur permettons de nous atteindre, de nous énerver, de nous humilier…

Parfois, il peut même arriver que nous soyons nous-mêmes nos propres pourvoyeurs d’auto-dénigrement. Vous connaissez sûrement la fameuse “petite voix” critique et harcelante qui est à l’oeuvre (mais faites-la taire !!!).

C’est aussi sans doute le signe que le moment est venu de reprendre le pouvoir sur vos pensées.

Choisir ce que nous pensons

Cela est sans doute difficile à admettre dans un premier temps mais nous avons bel et bien le choix de nous sentir misérable ou revanchard. Face à une remarque acide, nous pouvons opter pour le découragement, l’auto-dénigrement, l’aigreur, le dépit… Bref, nous pouvons choisir de nous enfermer dans des pensées toxiques. Nous pouvons aussi essayer de faire un pas de côté pour voir les choses d’une autre manière, plus apaisante, voire même rigolote (si, si, je vous assure, quand on a pris l’habitude, on parvient même à en rire).

La question du choix de nos pensées fera l’objet d’un prochain article.


Pourquoi reprocher à un brocoli de ne pas être rouge en dit long sur vous (et pas sur lui) ?

Mais qu’est-ce-que les fruits et les légumes viennent faire dans cet article ?

Au travail, j’utilise une méthode pour permettre à des personnes de prendre du recul par rapport aux critiques qu’elles reçoivent. Le but est qu’elles apprennent à ne plus souffrir de ces remarques et/ou à ne plus répliquer sur le même mode. Il s’agit finalement d’apprendre à désamorcer ces petites bombes.

Tout l’enjeu consiste à admettre l’idée que nous sommes des individus dotés de caractéristiques uniques que nous ne pouvons (et que nous ne devons) pas modifier au gré du vent (c’est-à-dire en fonction de ce qu’on dit ou pas de nous) parce que nous ne sommes pas des girouettes mais des êtes humains ! Si vous êtes une petite femme brune de près de 50 ans (comme moi), ce serait absurde de vous reprocher de ne pas ressembler à Blake Lively. Je force le trait mais à peine. Et si quelqu’un se permet de le faire, cela ne dit rien du tout sur vous mais donne des informations sur l’auteur de la critique. En effet, soit cette personne ne voit pas très clair, soit elle veut consciemment vous blesser.

Vous êtes qui vous êtes et personne n’a le droit de vous critiquer pour ça !

Ce que la personne peut éventuellement dire, c’est qu’elle n’aime pas les petites femmes brunes. Elle en a parfaitement le droit. Tout comme vous avez parfaitement le droit de vous éloigner des personnes qui n’aiment pas qui vous êtes. Et encore une fois, le fait qu’elle n’aime pas votre physique ne dit rien sur vous mais vous renseigne sur ses goûts à elle. Comme chacun le sait, tous les goûts sont dans la nature et sont souvent dictés par la mode (et la mode, ça passe !). J’ai pris l’exemple du physique mais cela fonctionne exactement de la même manière avec votre personnalité.

Afin d’illustrer ce que je veux dire, j’ai créé un petit exercice à faire avec vos amis (ça fonctionne aussi très bien avec les enfants). Téléchargez le document ci-dessous et imprimez-le :

Ensuite, demandez à vos amis de noter chaque fruit et légume de -5 à +5. Moins 5 signifie que la personne déteste cet aliment alors que +5 veut dire qu’elle l’adore.

Vous constaterez rapidement que certains aliments sont toujours très bien notés alors que d’autres sont souvent boudés. Vous remarquerez peut-être aussi que certains fruits ou légumes permettent de cliver la population de vos amis en deux groupes distincts : des lovers et des haters.

Est-ce qu’un brocoli est bon ou mauvais ? Tout dépend de qui répond à la question ! Est-ce que vous êtes trop ceci ou pas assez cela ? Tout dépend de qui répond à la question ! C’est aussi simple que ça. Il n’y a aucune “vérité” à propos de vous dans les jugements que les autres formulent à votre encontre. Tout comme un brocoli n’a pas avoir honte d’être vert, un être humain n’a pas à se sentir mal d’être qui il est.


Remerciez les haters !

Oui, remerciez-les – pas forcément publiquement mais dans votre for intérieur – parce qu’en vous adressant des messages hargneux, ils vous renseignent non pas sur vous mais sur eux, sur ce qu’ils sont, sur leur aigreur, leur jalousie ou tout simplement sur leur bêtise et leur méchanceté.

Ils vous rendent finalement un fier service puisque :

  1. En sortant de l’ombre, ils vous permettent de les reconnaître et donc de savoir à qui vous avez affaire – la prochaine étape sera de vous éloigner le plus possible de leur influence néfaste.
  2. Par contraste, ils vous aident à apprécier encore plus les personnes qui aiment qui vous êtes.
  3. Ils vous signalent par ailleurs que vous êtes sans doute une personne spéciale, qui mérite qu’on lui consacre du temps (au moins celui de la critiquer) – avouez que ça ne manque pas de sel !
  4. Ils vous montrent également le genre de personne que vous ne voulez pas devenir (voir la carte plus bas).
  5. Enfin, ils participent au développement de votre confiance en vous – et ça, c’est sans doute une des meilleures choses qui puissent vous arriver.

Si vous êtes un brocoli, soyez le meilleur brocoli possible ! Ne cherchez pas à devenir une cerise, c’est impossible ! Entourez-vous plutôt de personnes qui adorent les brocolis.



Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *