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Eviter le burn-out est un enjeu de taille aussi bien pour les individus que pour les entreprises. Après une rapide définition du concept de burn-out, je détaille plus précisément les types de personnalités les plus susceptibles de souffrir de cette pathologie au cours de leur vie. Puis, je vous donne quelques éléments pour reconnaître les premiers signes et enfin je vous propose des pistes concrètes pour vous en protéger.


Cet article fait partie d’une série d’articles écrits à l’occasion d’un événement inter-blogueurs “Le Burn-out, ça n’arrive pas qu’aux autres !” organisé par LaurA du blog Merveilleuses-Jacquelines.com ! Je vous suggère d’ailleurs d’aller lire sur le même sujet son excellent article 5 pistes pour garder confiance lors d’un burn-out.


Qu’est-ce qu’un burn out ?

On l’appelle aussi en français, le syndrome d’épuisement professionnel. Il se caractérise par un ensemble de symptômes physiques et psychologiques qui comprennent des manifestations variées tant au plan de leur apparition que de leur intensité : insomnie, dépression profonde, dépersonnalisation, perte de sens, insensibilité soudaine, cécité, apparition brutale de Troubles Obsessionnels Compulsifs (les TOC), Trouble Anxieux Généralisé (TAG), perte d’intérêt et de motivation, souffrance psychique intense, céphalées d’apparition récente, addictions de compensation, perte d’appétit, problèmes cardiaques qui peuvent entraîner le trop célèbre karoshi

Quels que soient les symptômes que les personnes ressentent, un des traits caractéristiques du burn-out est le changement d’attitude des personnes face à leur travail, qui ne correspond plus du tout à ce qu’elles ont pu donner à voir auparavant.

Ce sont donc bien souvent les collègues (parfois la hiérarchie) qui sonnent le signal d’alarme en émettant, parfois maladroitement, le fait qu’ils ne « reconnaissent » plus la personne, qu’ils ont l’impression qu’elle a perdu l’intérêt pour les activités qui semblaient la stimuler le plus.

Le cas du burn-out parental

Jusqu’à il y a peu de temps, le burn-out (puisque sa définition avait été conçue entre autres par la médecine du travail) était cantonné au domaine professionnel. Nous savons aujourd’hui que ce syndrome d’épuisement et toutes les manifestations physiques et psychologiques qu’il peut engendrer se retrouve également dans la sphère privée. Il est alors encore plus silencieux puisque, parfois, seuls les proches de la personne sont en mesure de noter ses changements de comportement. Et c’est évident pire lorsqu’il s’agit d’un parent isolé puisque les enfants ne sont alors pas en mesure (de fait) de l’alerter. Pour plus d’informations à ce sujet, vous pouvez consulter cet article qui porte sur la (Sur)charge mentale.

Qui sont les personnes susceptibles de « faire » un burn-out ?

Ce ne sont pas des personnes faibles, qui disposent de peu de ressources. Bien au contraire ! Avant que leur corps et leur esprit disent STOP, elles ont tenu le coup, coûte que coûte.

Des personnalités fortes et souples

Elles ont montré toute l’étendue de leurs capacités d’adaptation, de leur ingéniosité, de leur résilience face à des hiérarchies changeantes (parfois jusqu’à l’absurde) ou des événements privés difficiles.

Des individus sur lesquels on peut compter

Ce sont des personnes-ressources pour leur entourage privé et professionnel : toujours là pour donner un coup de main, pour débloquer une situation, pour trouver des solutions même tard le soir.

Des personnes admirables…

…et admirées de tous pour leur courage, leur pugnacité face à l’adversité, leur sens du bien commun. D’ailleurs, on peut imaginer que cette forme de reconnaissance touche une corde sensible chez elles, qu’elle comble une faille narcissique ancienne, sans doute liée à leur enfance où elles ont « appris » qu’elles ne valaient pas grand chose, qu’elles n’étaient bonnes à rien, qu’elles devaient prouver leur valeur pour être aimées.

Des gens investis dans leur travail

Toujours là, toujours prêts à 200% pour faire avancer les projets. Dynamiques, passionnées, fiables, perfectionnistes, motivées, les personnalités susceptibles de développer un burn-out se soucient des autres et de la qualité de leur production. Ce sont ces collègues qui n’hésitent jamais à travailler tard pour rendre un dossier à temps, qui relisent dix fois de suite leur présentation pour s’assurer qu’il n’y a pas la moindre faute, que vous pouvez appeler à 7h du matin pour vérifier un détail et qui vous répondront alors même qu’ils sont encore en train de prendre leur petit déjeuner.

Les personnes qui développent et qui tombent d’un épuisement professionnelles ne sont pas des êtres fragiles, ce sont au contraire des êtres trop résistants.

Reconnaître les premiers signes d’un burn-out

Avant le burn-out, il y a une période (plus ou moins longue) qu’on qualifie de burn-in, où les premiers signes commencent à apparaître et à s’installer (cette liste n’est ni exclusive ni exhaustive) :

  • Votre entourage exprime des inquiétudes ou vous fait part d’un changement d’attitude chez vous.
  • Vous prononcez ce genre d’expressions : « Je me reposerai quand je serai morte », « Impossible n’est pas *votre prénom* ! », « Aussitôt dit, aussitôt fait »…
  • Vous commencez à ne plus savoir pourquoi vous vous levez le matin, vous avez l’impression que vous ne recevez pas (ou plus) la reconnaissance que vous êtes en droit de recevoir.
  • Vos journées de travail s’allongent inexorablement mais votre pile de choses à faire et de dossiers à traiter ne diminue pas.
  • Vous zappez les pauses et mangez devant votre ordinateur en espérant « gagner du temps ».
  • Vous dormez peu et mal. Parfois, vous vous relevez pour travailler, pour traiter et envoyer des e-mails.
  • Tout le monde vous agace. A croire que l’univers complote pour que rien n’avance comme ça le devrait.

Soyez particulièrement attentif et attentive à ce que vous ressentez. En burn-in, il est encore temps d’appliquer les conseils que je vous donne ci-dessous. Après, il sera trop tard et se relever d’un burn-out peut prendre des mois voire des années.

Des pistes concrètes pour éviter le burn-out !

  • Introduisez des pauses OBLIGATOIRES dans vos routines quotidiennes.
  • Acceptez une fois pour toutes que le travail (le ménage, les devoirs des enfants…) ne soit pas fait parfaitement.

Je vous lance un petit défi : essayez d’envoyer un e-mail avec une faute d’orthographe ou présentez un diaporama où les puces ne sont pas alignées au millimètre, pour voir !

  • Imposez-vous un week-end off de toute obligation professionnelle ou privée (une fois par trimestre pour commencer puis une fois par mois).
  • Partez seul.e faire une retraite de quelques jours à la campagne dans une cabane, dans un monastère ou un temple bouddhiste (comme vous voulez) sans votre téléphone pour : faire le point, lire, écouter de la musique, vous balader, méditer…

Surtout : Laissez les autres se débrouiller sans vous ! Il vous est interdit de préparer des menus à l’avance qu’ils n’auraient eu qu’à réchauffer. Interdit de dresser la liste des choses à faire pour vos collègues et de leur donner un numéro d’urgence.

  • Expérimentez le pouvoir du NON. Pendant 48h, exercez-vous à dire NON à tout !
  • « Oubliez » vos dossiers, votre téléphone et votre ordinateur personnels au boulot un jour sur deux (oubliez également les codes pour rejoindre l’intranet).
  • Imaginez des choses à faire à la place du boulot : un bon bain, une balade avec le chien, un bouquin, une belote…
  • Déléguez et laissez les autres faire ! On se fiche que ce ne soit pas fait comme vous l’auriez fait, vous ! Laissez les autres endosser la responsabilité de leurs actes. Comment voulez-vous qu’ils s’améliorent, sinon ?

Conclusion

Pour conclure cet article, j’aimerais vraiment insister sur un point important : votre boulot n’est qu’un boulot, il n’est pas vous – même (et surtout) si vous aimez passionnément ce que vous faites, cela ne vaut vraiment pas le coup (le coût !) de risquer votre santé. Il se pourrait même qu’à force de vous y lancer corps et âmes, cela se retourne contre vous et que vous ne puissiez plus travailler. Parce que c’est ce qui arrive aux personnes qui vivent un burn-out : elles ne sont plus là, ni pour les autres, ni pour leur boulot, ni pour elles-mêmes.

Votre valeur en tant qu’humain n’est pas déterminée par la quantité de travail que vous abattez ou la propreté de votre maison. Personne, à l’aube de sa mort, ne regrette de n’avoir pas assez travaillé ou d’avoir envoyé ses enfants à l’école avec des chaussettes dépareillées.


Pour aller plus loin :

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2 thoughts on “Comment éviter le burn-out ?

  1. Merci de casser certains mythes sur le burn-out ! Oui cela touche surtout les personnes très investies avec de grandes capacités de résistance, jusqu’au jour où… Un thérapeute m’a dit un jour que les personnes passionnées par leur travail sont les cibles du burn-out : elles s’investissent corps et âme, ne comptent pas leurs heures et mettent toute leur énergie puisque cela les passionne. On ne voit pas forcément le burn-out arriver. Merci pour cet article concret !

    1. Bonjour Marie et merci pour ton commentaire. Effectivement, seules les personnes qui n’ont pas vécu ça de très près peuvent croire que c’est un syndrome qui touchent les personnes faibles. A très bientôt.

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