Cette page fait partie du volume 2 « On se retrousse les manches et on déblaie tout ce bazar ! » / 3ème Chapitre


Si vous êtes endettée – et c’est le cas de beaucoup de personnes – la première chose à faire est de saisir le taureau par les cornes, le regarder en face et lui dire « Toi, je vais te faire ta fête !! ».

Et là, vous pensez « Facile à dire ! On voit bien qu’elle n’a jamais connu ça ! » Et je vous répondrais, vous avez tout faux. Non seulement, j’ai déjà connu ça mais plusieurs fois (ouais, il m’a fallu m’y reprendre plusieurs fois pour décider de m’en sortir vraiment parce que, comme dirait Bridget Jones, « je ne fais jamais deux fois la même erreur, je la fais plusieurs fois, pour être sûre ! »). Un peu comme arrêter de fumer, arrêter d’être endettée peut se faire en plusieurs étapes. Dorénavant, j’en ai fini pour de bon parce que j’ai compris un truc essentiel : l’endettement n’a strictement rien à voir avec le niveau du revenu (ni même le fait d’en avoir un ou pas, de revenu).

Je ne gagne pas assez d’argent, vraiment ?

Y’a des gens qui gagnent 3000 euros par mois (ce qui est – sous nos latitudes – une somme plus que confortable) et qui sont sans arrêt à découvert, sans compter les crédits pour la maison et la wouature et l’argent qu’ils ont emprunté à la vieille tante et celui qu’ils doivent à EDF…

Et puis il y a des gens qui gagnent moins que le seuil de pauvreté (977 euros de revenu mensuel pour une personne seule si on retient comme critère 60% du revenu médian – je pense qu’il s’agit des chiffres de 2011) et qui non seulement ne sont jamais à découvert mais en plus, ne doivent d’argent à personne…

Mais on reparlera de ça quand on abordera la question des besoins.

Pour l’heure, la priorité pour vous c’est de vous désendetter !

Les méthodes pour se désendetter

Dans les pages qui suivent, vous verrez qu’on peut utiliser plusieurs méthodes (à mettre en œuvre une par une ou toutes en même temps). Le choix de celles que vous allez utiliser va dépendre de plusieurs choses :

– votre niveau d’endettement

– la nature de vos créanciers (votre vieille tante, l’état, votre proprio…)

– votre capacité à gérer le stress et la frustration

– votre envie de vous en sortir vraiment !! Pas de petits mensonges entre nous, il y a parmi vous des gens qui en théorie ont envie de changer mais qui, en vrai, sont capables de m’exposer pendant de longues heures toutes les « bonnes » raisons qui les en empêchent – n’oubliez pas que je suis passée par là et que je sais de quoi je cause.

 

Regarder les choses en face

Alors no shame, no blame comme dirait l’autre (et je suis entièrement d’accord).

D’accord, vous avez un découvert abyssal et vous n’auriez pas du craquer pour ces nouvelles sacoches de vélo ultra vintage et trop belles parce que vous ne prenez votre vélo que 3 fois par an (d’ailleurs, à ce propos, acheter un vélo à ce prix pour cet usage, c’était encore une belle folie).

Bon ben voilà, vous avez dépensé tout un tas d’argent inutilement (et souvent en regrettant vos achats deux heures après être rentrée chez vous). Et alors ?? De toutes façons, on ne peut pas changer le passé !! Ça ne sert pas à grand chose de vous flageller pendant des heures voire de vous lamenter sur votre sort !

Une fois qu’on a dit ça, il va falloir affronter le problème. Ben oui, la première étape consiste simplement (mais purée de pois que c’est difficile à faire) à reconnaître que VOUS AVEZ UN PROBLEME (si, si faites moi confiance, comme je vous l’ai déjà dit et comme je vais essayer de vous le démontrer, cela n’a rien à voir avec le fait que vous soyez au chômage ou au RSA, le problème vient de VOUS).

Le passé, no way, on ne peut rien y faire. Le futur n’existe même pas encore ! Si vous ne faites rien dans le présent pour changer les choses, y’a quand même peu de chances pour que miraculeusement, vous vous réveilliez un jour débarrassée de votre problème.

Tenir compte du passé, mais pas trop !

C’est donc au présent qu’il faut affronter les choses. C’est un jour après l’autre (voire même une heure après l’autre pour certaines) que ça se joue. Tout ce que je vous dis ressemble furieusement au programme des alcooliques anonymes et ne rigolez pas, c’est exactement ça ! Votre problème est de même nature que le problème des alcooliques (et peut même parfois avoir des conséquences aussi désastreuses). Une espèce d’addiction à la dépense inutile.

Pourquoi ? Je ne sais pas pour ce qui vous concerne mais vous pouvez toujours aller voir un psy si vous avez envie de creuser (ou simplement relire le premier volume du Petit Traité 🙂 ). Je pense que chaque situation est différente. Je ne peux que vous raconter ce que j’ai découvert sur moi en me penchant sur mon problème. Mes envies d’acheter irrépressibles étaient sous-tendues par un profond mal-être (à l’époque j’étais également boulimique – parce qu’un bonheur vient rarement seul). Je me trouvais tellement nulle de ne pas être comme les autres et je voulais tellement faire partie de la grande bande des gens « comme il faut » que je faisais n’importe quoi et que ça passait immanquablement par acheter les mêmes choses qu’eux. J’avais sans arrêt besoin de me conformer pour me sentir acceptée. Au fond, je croyais que ce que j’étais ne valait rien ou pas grand-chose et donc que si je déguisais ce rien avec les oripeaux de la société – celle qui me montrait le chemin à suivre – ça passerait complètement inaperçu… Evidemment, ce mal-être prenait racine dans mon enfance (il se trouve que comme beaucoup de gens, je n’ai pas eu une enfance au sens où on l’entend d’habitude). Pas la peine de vous raconter les détails, on a toutes des histoires pas drôles à raconter.

C’est énoooooorme comme truc mais il m’a fallu pourtant des années pour relier ces événements à ma frénésie acheteuse (et mangeuse).

Une fois le lien établi et compris, il ma fallu encore un peu de temps pour admettre que les normes que me dictait la société n’étaient pas faites pour moi (parce que – tout comme vous – mon histoire et ma personnalité étaient uniques) et surtout qu’elles ne me rendaient pas heureuse. Notre valeur d’être humain est bien réelle et n’a rien à voir avec la façon dont on s’habille, avec le fait d’avoir une voiture ou un écran plat…

Bon, une fois qu’on a dit tout ça, faut se mettre au boulot sérieusement et commencer à développer des stratégies pour limiter les dégâts et se désendetter.

Ready ?

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