Extrait du volume 3 « On attaque le coeur du problème, courage moussaillon !« , Section « Réfléchir à ses modes de consommation », « Le monde du gratuit »

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Je ne développe ici que la question du glanage alimentaire (vous trouverez dans la section « Vivre sans argent, c’est possible », des tas d’autres informations portant sur le glanage des objets).

On peut distinguer deux grandes catégories de glanage autorisées ou tolérées : le glanage agricole et le glanage de fin de marché.

Le glanage agricole

Le glanage agricole est un droit d’usage en France depuis le Moyen-Age ; il consiste à ramasser au sol ou à cueillir – et dans ce cas, on l’appelle du grappillage – les fruits et légumes APRES que la récolte a eu lieu. Il est interdit de le faire avant et cette pratique serait alors considérée comme du vol. La loi française vous autorise donc à aller ramasser des pommes de terre, des carottes, des choux, du raisin et tout le reste, directement dans les champs des producteurs. Mais ce n’est pas parce que c’est autorisé par la loi que vous ne devez pas demander l’autorisation à l’exploitant. Après tout, vous allez pénétrer sur ses terres ; il est normal qu’il le sache – a minima. Si vous le demandez gentiment en expliquant votre démarche, il y a peu de chance qu’on vous le refuse et souvent ce sera le contraire, on vous donnera même parfois quelques produits en plus (1 œuf ou deux par exemple). Agnès Varda a réalisé un film très chouette en 2000 sur le sujet : Les glaneurs et la glaneuse.

Le glanage de fin de marché

Le glanage de fin de marché consiste à ramasser les différents produits laissés là par les vendeurs avant que les employés municipaux passent pour nettoyer l’endroit. Il vous faudra lutter contre deux phénomènes : votre peur du regard des autres et votre dégoût des trucs pourris.

C’est vrai que passer outre le regard des autres peut-être un sacré défi, je vous l’accorde. Et tout le monde n’est pas armé d’emblée pour lutter contre le sentiment de honte qu’on peut ressentir face à un regard désapprobateur ou un regard de pitié (je crois même que c’est pire). Une des solutions pour avancer sur ce point est de commencer à plusieurs et dans une grande ville. Si aucune personne autour de vous n’est intéressée, il existe des groupes freegans dans toutes les métropoles françaises un peu importantes. Même s’ils sont plus spécialisés dans la recherche dans les poubelles (de magasins, de particuliers), certains d’entre eux connaissent et pratiquent le glanage de fin de marché. J’essaie de manger le plus sainement possible : mon régime actuel est quasiment végétarien (je mange encore quelques petits poissons mais plus de viande) et surtout sans sucre ajouté (plus de yaourts sucés, de gâteaux, de confiture mais un peu de miel l’hiver – par contre je me gave de fruits frais ou secs). Le problème avec les poubelles c’est qu’on ne contrôle pas la qualité des produits qu’on y trouve : ce sont souvent des produits non bios et surtout des plats préparés pleins de saloperies ; pour des raisons personnelles donc, je ne peux pas vous le conseiller. Le glanage de fin de marché par contre est une de mes activités préférées puisque vous pouvez repérez les cagettes de vos producteurs préférés. D’abord, vous luttez contre le gaspillage et ensuite, très souvent, c’est l’occasion de créer des liens ou au moins de susciter des conversations.

En ce qui concerne le dégoût du pourri, il faut vous munir de deux ou trois petites choses si vous ne voulez pas faire ça chez vous : un couteau, une paire de gants, une bouteille d’eau et un torchon. Prenez une cagette vide et propre et sélectionnez parmi les cartons et autres empilements les fruits et légumes qui vous paraissent les plus en forme, coupez les parties flétries et lavez/séchez rapidement les aliments avant de les récolter. Prévoyez déjà quand et comment vous allez cuisiner tout ça. Il ne s’agit pas que votre récolte finisse dans votre poubelle ou votre compost ! N’oubliez pas d’ailleurs que vous pouvez congeler ou faire des super bocaux de ratatouille ou de salade de fruits. Miam, j’en salive d’avance.

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Plus d’infos sur les groupes Freegans :

Freegan info

Freegan Station

 

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