Cet article fait partie de la section « S’organiser au quotidien » du volume 3.


Le Stop-Gaz

Savez-vous cuisiner un plat de pâtes ? Oui ? Parfait, on va pouvoir discuter. La méthode que vous utilisez est certainement légèrement différente de la mienne : vous attendez que l’eau salée bouille et vous plongez vos pâtes dedans. Ensuite, vous attendez qu’elles soient cuites, et hop ! Je fais la même chose jusqu’au moment où je plonge les pâtes dans l’eau bouillante. Là, j’attends que l’eau reprenne l’ébullition, je laisse le couvercle et j’éteins le gaz (ça marche aussi avec tous les autres types de plaques – électrique, à induction…). Et puis, j’attends que les pâtes cuisent. Et étonnamment, ça ne va pas plus lentement que si vous laissez le gaz. Vous ne me croyez pas ? Essayez et vous m’en direz des nouvelles. Vos pâtes sont aussi bonnes (voire meilleures puisque vous n’avez aucun risque qu’elles soient trop cuites) et vous avez utilisé moins de la moitié de l’énergie que vous consommiez d’habitude. A tester également avec d’autres aliments qu’on cuit à l’eau, en attendant un petit plus pour certains – ça fonctionne très bien pour le riz (s’il n’est pas complet), le sarrasin, les petits pois, le boulgour…

La marmite norvégienne

Cet ustensile de cuisine au nom venu du froid fonctionne sur le même principe que le Stop-Gaz dont on vient de parler. Elle utilise l’énergie déjà produite et la conserve pour qu’elle continue à chauffer vos aliments. L’idéal est de la fabriquer (il y aura bientôt des plans et des liens sur le site internet mais vous pouvez chercher avec votre moteur de recherche préféré) à partir de planches de bois récupérées et d’un matériau isolant (celui que vous voulez, la laine d’une vieille couverture fait très bien le job). Prévoyez-la suffisamment grande pour accueillir votre plus grande cocotte. Comment ça marche ? On commence par cuisiner comme d’habitude et lorsque le plat atteint l’ébullition, on transfère la cocotte (ou la casserole) couverte dans la marmite norvégienne afin de continuer la cuisson grâce à l’énergie emmagasinée lors de la première partie de la cuisson. Quels types d’aliments peut-on cuire ? Ça fonctionne avec tous les plats qui doivent mijoter (daubes, bœuf bourguignon, ratatouille…) et tous les aliments (comme les pâtes, pommes de terre, carottes…) qui cuisent à l’eau. C’est un peu plus long (de 20 à 65% en fonction des aliments – vous trouverez quelques exemples sur l’un des pdf du site) mais ça permet d’économiser de 50 à 75% de l’énergie normalement utilisée pour ce genre de cuisson.

Et si vous n’êtes pas très bricoleuse, deux boites en carton isolées l’une de l’autre par une vieille couverture peuvent également rendre de grands services. Il faudra toutefois prévoir de changer la boite intérieure assez souvent à cause de l’humidité.

Le four solaire

Tout comme pour la marmite norvégienne, les plans de construction et des liens vers d’autres sites intéressants se trouveront bientôt sur le site. Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas vous lancer dans la construction d’un four solaire parabolique en métal, vous pouvez tout à fait vous en fabriquer un à base de carton et d’aluminium. Il sera moins efficace que les grands fours qui peuvent atteindre la température de 150° s’ils sont bien conçus et bien positionnés par rapport au soleil. Un four à caisson (home made en carton et alu) permet de cuire les aliments en deux fois plus de temps que la cuisson en four à gaz mais l’économie d’argent est totale. Cet été, amusez-vous à construire un four à caisson en carton avec vos enfants (ou ceux des autres), testez-le et dites-moi ce que vous en pensez sur le forum.

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Petite histoire personnelle : cela fait une bonne dizaine d’années que je fais mes yaourts moi-même. Au tout début (la première année), j’utilisais un yaourtière Seb des années 80, trouvée sur une brocante pour 2 euros. Et puis un jour, elle est tombée en panne. Et comme à l’époque, je n’y connaissais que couic en électricité (je n’y connais pas beaucoup plus mais je serais aujourd’hui capable de trouver la panne et de la réparer – c’est un vulgaire chauffe plat avec un thermostat), et que je n’avais pas envie de perdre mes yaourts, je les ai installés sur le radiateur de la cuisine. J’ai attendu et ô miracle, ça a marché. Depuis, je ne fais mes yaourts que sur les radiateurs (autant utiliser l’énergie déjà produite) ou au soleil quand le temps le permet (je mets les pots dans une cocotte en fonte). Cela fonctionne aussi bien qu’avec la yaourtière – il faut juste vérifier que le soleil ne chauffe pas trop parce que sinon, l’humidité du lait se sépare du gras et reste un peu en surface (c’est moche mais il suffit de vider l’eau). Vos yaourts doivent rester à une température à peu près constante comprise entre 30 et 40°, pendant 5 à 8h. Faites le test, c’est bluffant.

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On l’a vu plus haut avec les pâtes, il est tout à fait possible de transformer légèrement la façon dont on cuisine sans se doter de nouveaux équipements. D’ailleurs, la plupart du temps, il suffit simplement de mettre un couvercle sur les aliments ou de bien choisir le brûleur à utiliser (qui doit toujours être plus petit que la casserole qu’on pose dessus afin d’éviter que l’énergie parte sur les côtés) pour économiser l’énergie produite (et dépensée donc).

De plus, si vous avez un grand four (à gaz ou électrique), essayez donc de programmer vos menus de façon à cuire plusieurs plats en même temps.

Le four à micro-onde

Et puis tant que j’en suis à parler des fours, j’espère que vous avez changé régulièrement les joints de votre four micro-ondes et vérifié son étanchéité. La méthode du téléphone portable (on place un téléphone dans le micro-onde éteint et on l’appelle, si ça sonne les joints sont foutus) n’est pas très fiable puisque les fréquences d’ondes utilisées par le four et par les téléphones ne sont pas situées dans les mêmes gammes (téléphone mobile en France : de 890 à 915 kHz, puis de 1710 à 1785 kHz alors que les fours micro-ondes utilisent des fréquences situées aux alentours de 2,4 GHz). Votre micro-onde est censé fonctionner comme une cage de Faraday  et donc, ne pas laisser passer les ondes à l’extérieur. Mais ça c’est la théorie puisqu’en pratique, de nombreuses mesures réalisées sur des appareils de ce type ont montré une fuite des ondes à l’extérieur. C’est au niveau des joints, lorsqu’ils sont écrasés ou encrassés, que le rayonnement de fuite est le plus important. Aucune des études que j’ai lu ne concluent à un risque pour la santé lorsque le corps (ou la tête) est situé à plus de 5 cm de l’appareil. Cependant, l’habitude consistant à regarder à travers la vitre les aliments en train de cuire est mauvaise puisque là, lorsque la tête (ou le corps) est à moins de 5 cm de l’appareil, le taux d’absorption spécifique (SAR : Specific Absorption Rate, qui mesure la quantité de puissance (W) absorbée par le corps humain (kg) lorsqu’il est exposé à des hautes fréquences) est plus important (7,95 K/kg) que le SAR recommandé (qui est 4 W/kg). Et comme on n’est jamais assez prudent, je vous conseille donc, si vous ne voulez pas vous passer de votre micro-onde :

  1. de ne pas l’installer à hauteur de votre tête (ou de celle de vos enfants)
  2. de respecter une distance de sécurité entre vous et l’appareil de plus de 30 cm pendant qu’il fonctionne
  3. de nettoyer les joints régulièrement et de les faire changer le cas échéant

Passons à la question financière maintenant. L’utilisation d’un four à micro-ondes est bien moins coûteuse que celle d’un four électrique traditionnel. En fonction du prix de l’électricité pratiqué chez vous, 1 heure de micro-onde coûte entre 9 et 11 centimes alors qu’une heure de four traditionnel électrique (grand four de cuisinière) coûte entre 20 et 25 centimes. Et en une heure de four micro-onde, on cuit beaucoup plus d’aliments qu’avec la même durée d’un grand four de cuisinière. Si vous avez un petit four électrique ou mieux, un four à gaz, la note est moins salée mais il n’en demeure pas moins que le four à micro-ondes est plus économe.

Maintenant que vous avez toutes les cartes en mains vous pouvez faire votre choix. J’ai fait le mien et pour la cuisson des aliments, j’utilise en fonction de ce que je dois cuisiner des plaques qui fonctionnent au gaz, un mini-four électrique, les radiateurs en hiver et le soleil en été (sans oublier la marmite norvégienne).

 

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