Quand on est en difficulté financière, on a tendance à repousser les soins aux calendes grecques. C’est malheureusement une mauvaise stratégie.

Avant, le premier dispositif auquel on faisait référence quand on s’intéressait à la santé des personnes en difficulté était la CMU (Couverture Maladie Universelle). Le problème avec ce dispositif était que vous pouviez très bien être en très grande difficulté financière mais percevoir un salaire qui ne vous permettait pas d’accéder à cette aide.

Désormais, depuis le 1er janvier 2016, la PUMA (Protection Universelle MAladie) prend le relai dans le but de fournir une protection maladie à toute personne française ou étrangère résidant habituellement sur le territoire français. Il s’agit évidemment de la protection de base et pas de la complémentaire mais c’est déjà ça.

Voyons rapidement quelles sont les conditions pour pouvoir être bénéficiaire de la PUMA.

Il y a deux situations à considérer : votre statut (salarié ou non) et votre résidence. Si vous êtes salarié, vous devrez fournir une preuve de cet emploi (bulletin de salaire des 3 derniers mois) et un justificatif d’identité – il n’y a pas de minimum de salaire à respecter. Si vous n’êtes pas salarié, il faut seulement trois justificatifs de domicile consécutifs (par ex. trois quittances EDF) et votre pièce d’identité. Si vous n’avez pas de justificatifs de domicile à votre nom, vous devez fournir une attestation sur l’honneur de la personne qui vous héberge et ses justificatifs à elle. Et si vous n’avez pas de domicile fixe, il est nécessaire de vous rattacher à une association (pour recevoir votre courrier) qui établit une attestation.

Voyons maintenant la question de la complémentaire santé, celle qui couvre les frais médicaux qui ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale (et la liste est longue) : la CMU complémentaire existe toujours. Elle permet de prendre en charge la totalité de vos frais médicaux sans avance de paiement, vous exonère du ticket modérateur en cas d’hospitalisation et de la participation forfaitaire de 1 euro.

Pour bénéficier de la CMU complémentaire, vos revenus ne doivent pas dépasser un plafond. En 2016, pour une personne seule en France métropolitaine, ce plafond était fixé à 8653 euros et à 18 172 euros pour un foyer de 4 personnes.

Vous trouverez plus d’informations sur la site ameli.fr et auprès des caisses d’assurance maladie.

En dehors de ces aspects administratifs, la règle qui prévaut en France est l’obligation de soin. Interpellé par la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité qui a été remplacée depuis par le Défenseur des Droits), l’Ordre National des Médecins le rappelle assez fréquemment dans les rapports qu’il publie. L’article 7 du code de déontologie de cette profession « impose un égal traitement, une attitude respectueuse et attentive pour tous les patients quels que soient les sentiments qu’ils inspirent et quelle que soit leur réputation. Enfin, il ne saurait y avoir de limitation à la qualité des soins administrés. L’exigence déontologique de soigner tous les patients s’impose à tous les praticiens. Elle est encore plus évidente voire « sacrée » en cas d’urgence. »

Dans ce cadre et en dehors des situations d’urgence, si les médecins ne peuvent assurer les soins à un malade (pour une raison ou une autre), il leur est tout à fait possible de rediriger celui-ci vers un centre médical où il pourra être pris en charge de manière adéquate.

En résumé, si vous êtes bénéficiaire de la PUMA et d’une complémentaire santé, vous pouvez – en théorie – solliciter une consultation et des soins chez tous les médecins qui acceptent de vous soigner (normalement, ils ne peuvent pas refuser mais certains le font alors à moins de signaler ces personnes à la Halde, je ne sais pas trop quoi vous conseiller). Si vous n’avez pas de couverture maladie, le mieux est sans doute de vous diriger directement vers un dispensaire où vous serez soigné gratuitement. Pour trouver le dispensaire le plus proche de l’endroit où vous vous trouvez, demandez à la mairie ou à un centre social est le plus simple.

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